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    L’Ouvrage

    Vue EH

    Vue - Entrée des Hommes

    La construction des ouvrages ne s’est pas faite sans problèmes. En effet, s’il existe un ouvrage qui eut à souffrir des tergiversations des bâtisseurs, c’est bien celui de la Madeleine, à Rimplas.

    Commencé pratiquement un an et demi avant les autres, il souffrit à la fois d’un manque de conceptions bien arrêtées et de l’absence prolongée des données techniques d’un armement en cours d’élaboration. Ce qui eu pour conséquence d’entrainer une succession de modifications et d’engendrer un ouvrage à la forme curieuse.

    Rappelons, cependant, qu’il existe une divergence de vues assez nette entre les Autorités Militaires de la XV° Région Militaire et les responsables de la fortification : les premiers, animés d’un esprit offensif qui leur fera tant défaut quelques années plus tard, souhaitaient établir une fortification au plus prêt de la frontière pour en faire une base offensive sérieuse en vue de porter la guerre chez l’ennemi ; les seconds, fidèles à la conception  arrêtée pour l’ensemble des frontières , préféraient reculer la Position Principale d’une dizaine de kilomètres en arrière pour éviter une attaque brusque et garder à la fortification son caractère défensif. C’est au final cette dernière solution qui l’emporta.

    Cependant, le cours des événements fut quelque peu modifié. En effet, le fascisme s’est installé en Italie, Mussolini porte rapidement ses vues sur Nice dont il rappelle à plusieurs reprises l’origine italienne dans des discours violents, au cours de l’année 1927. Devant cette menace précise, les Autorités Françaises prirent trois mesures immédiates :

    • - Réoccupation des postes de haute montagne (Gondran, les Accles, le Janus, etc …) inoccupés depuis 1912
    • - Construction par la MOM d’une ligne d’avant-postes sur la position retenue auparavant par la XV° Région Militaire dans le but de permettre la construction de la LRP en toute quiétude.
    • - Enfin, construction immédiate d’un fort d’arrêt à Rimplas pour tenir sous ses feux les vallées convergentes de la Tinée et du Valdeblore qui construit après leur jonction avec le Var, une voie d’invasion direct vers Nice et présentant l’avantage pour l’envahisseur de tourner toute la ligne fortifiée en voie d’élaboration.

     Cette dernière décision prend effet immédiatement et dès le 3 septembre 1927, les Généraux Mittelhauser, Becq et Saramito se rendirent sur le site de Rimplas pour mieux juger le problème.

    Ce qu’ils y découvrirent a eu de quoi les impressionner car la nature à cet endroit se montre particulièrement sauvage et tourmentée. Le petit village de Rimplas, juché sur un replat culminant à 1 016m, domine le confluent de deux vallées : le torrent de Valdeblore à droite et surtout la vallée de la Tinée qui longe la frontière italienne avant de s’enfoncer résolument vers la mer et Nice.

    Le point de rencontre de ces deux cours d’eau s’établit à la cote 426. Il est dominé par la crête rocheuse qui s’étend au sud du village de Rimplas et  culmine à 1 102m. Du côté de la Tinée, un à-pic vertigineux, du côté Valdeblore une pente un peu moins raide mais, certes, encore impressionnante. Le seul accès à ce piton, se fait par une route étroite qui prend son départ sur la route de la Bolline.

    Chapelle de la Madeleine

    Chapelle de la Madeleine

     

    Les 3 généraux s’accordèrent à reconnaître que le seul emplacement valable est la crête rocheuse au sud du village, sur laquelle est érigée une petite chapelle dénommée Chapelle de la Madeleine. L’ouvrage à construire devra être complètement fermé pour pouvoir résister à un investissement et assurer la mission qui lui est dévolue, à savoir : Interdiction d’une part, du Valdeblore et du Col St Martin, et d’autre part, de la vallée de la Tinée dans la région de St Sauveur et du vallon du Roubion. La Chapelle de la Madeleine, située à un point trigonométrique repéré, devrait être démolie pour éviter un réglage trop précis de l’artillerie adverse.

     

    telepherique - wagonet

    telepherique - wagonet

     L’ouvrage dispose d’un téléphérique mono-câble du constructeur Brien-Anzun, d’une longueur de 878 m pour un dénivelé de 602 m, le tout soutenu par 6 pylônes. Son débit horaire est de 5 tonnes à l’heure, soit un débit journalier de 52 tonnes – 48 tonnes pour les munitions puis 4 tonnes pour les vivres et divers – Il est équipé de 21 wagonnets, ayant chacun 250 Kg de charge utile et circulant à 2m par secondes. Celui-ci était entrainé par deux moteurs thermique.

    L’ouvrage peut vivre en autarcie pendant 3 mois, sans voir une seule fois le jour. Construit sur une source ayant un débit de 7 litres secondes d’eau potable, l’eau est stockée dans une réserve total de 120 000 litres, 95 000 litres répartis dans 5 cuves de 19 000 litres chacune, et 25 000 répartis sur 2 cuves de 12 500 litres chacune servant à la filtration, pour s’assurer de l’absence de produits toxiques.

    Les besoins de l’ouvrage en énergie sont estimés à 160Kwa. L’usine abrite 3 moteurs mazouts SMIM (Société des Moteurs pour l’Industrie et la Marine) de 150 Cv en 6 cylindres, entrainant une génératrice SW de 80 Kwa triphasé. Le troisième moteur étant prévu en secours. Les besoins sont de 96 M3 d’eau pour le refroidissement, 2 M3 de lubrifiant et 40 M3 de carburant.

    L’ouvrage est alimenté par une ligne électrique du réseau public, en cas de coupure, l’usine produit sa propre énergie électrique nécessaire au fonctionnement de l’ouvrage. La réserve de mazout, est elle aussi importante. En effet, elle représente 40 000 litres seulement pour les moteurs. Les réserves en vivres sont elles aussi très importantes, de nombreuses boites de conserve, le frais n’était pas envisageable en l’absence de réfrigérateurs.

    Le 25 Aout 1937, le Capitaine Rimbaud, des Service du Génie, remettait officiellement les clés de l’ouvrage au Capitaine Toussaint du 74° BAF – Bataillons Alpin de Forteresse. Le coût de l’ouvrage terminé était de 34 186 000 Frs

    Treize années de vicissitudes vinrent trouver leur aboutissement dans cinq jours de combat au cours desquels l’ouvrage n’eut malheureusement pas le temps de justifier toutes les peines et tous les tracas qu’il eut causé à ses bâtisseurs.

    40 ans après, Rimplas est devenu une champignonnière qui, si elle produit des pleurotes succulents, n’en accélère pas moins la dégradation de l’intérieur de l’ouvrage.

    Ah, Colonel André, Capitaine Rimbaud, Commandant Laillat, combien de nuits blanches, de migraines et de soucis pour modifier l’axe d’un créneau, relever le redan d’une visière ou estimer les probabilités d’atteinte de tirs ennemis, combien d’années de votre vie pour ce qui restera votre œuvre, mais qui s’en soucis aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, l’association « Les Amis de l’Ouvrage Maginot de la Madeleine » s’en soucis ! Elle a pour but le devoir de la mémoire de nos anciens, la rénovation et l’entretien de cet ouvrage. Grossièrement dégradé par la champignonnière, vandalisé par les pilleurs de cuivre, vidé par d’autres associations au bénéfice de leur ouvrage, par des collectionneurs privés ou pour de la simple revente, …

    Aujourd’hui un gros travail nous attend.

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